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Nom du blog :
julienthesodorus
Description du blog :
S'il faut exister en écrivant...alors... Ecrivez! Une histoite de dragon dans le monde hospitalier
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
02.11.2007
Dernière mise à jour :
01.06.2008
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Partie 1 La rencontre

Partie 1 La rencontre

Posté le 04.05.2008 par julienthesodorus
La rencontre

Martine file et enfile ses fils dans les méandres de son atelier de 400 m2. Elle s’active, la dame, dans ce décor cloisonné. Pas le temps de paresser, je vous le dis, 400 m2 cloisonné en petite pièce de 9 m2, ça fait au moins une quarantaine de chambres avec chacun deux lits.
Martine le sait, elle a une capacité de 80 patients, pas un de plus. Il n’est pas question qu’une 81e paire de jambes passe les porte de son service.
Martine n’est pas couturière, mais c’est une infirmière chef, une cadre, comme le dise pompeusement ses collaboratrices.
Ici le féminin a trouvé sa place, pas un homme qui revêt la blouse blanche. Bien que cela manque, lorsqu’il faut les porter ces petits vieux ; il en faudrait des forts, des costaux qui n’ont pas mal au dos.
Mais surtout Martine le répète, il faudrait qu’ils soient plus nombreux…

Mais non il y a une infirmière pour tellement de gens nécessiteux. Alors Martine a trouvé sa façon, elle double son temps, elle s’active mais ça je l’ai déjà dit. On souhaiterait pourtant que Martine s’occupe plus de sa vie privée. Mais au grand dam de ses collègues Martine n’en a plu depuis quelques années maintenant. Car quand Martine s’active, elle active aussi les autres.
Martine est un dragon à grande bouche, ses mots font mal, ils brulent. Elle ne s’en rend probablement pas compte. Mais Martine est méchante. Pour que les choses avancent, elle pique. Françoise qui ne va pas assez vite. Nathalie qui est étourdie. Constance qui bâcle….

Et aujourd’hui est pire que les autres jours, car Martine est de mauvais poil. On dit que son petit fils lui aurait posé un lapin. Alors tout le monde file droit et en veut à ce vaurien, de cette journée pénible, à déjouer les attaques subversives de la bête. Il n’est pas question qu’une sottise fasse sortir le dragon. Alors Françoise glisse sur linoléum de chambre en chambre poussant par là son chariot ; et les autres ?
Les autres s’attardent avec les malades. Toutes les infirmières attendent 20 heure la fin de son service et espère qu’elle ne décidera pas de rester. Car en plus d’être une casse pied de première, voila t-il qu’elle fait souvent des heures supplémentaires.

Martine est là dans le box des infirmières prête à attaquer, elle rumine mais aucune fausse note de toute la journée. Des infirmières dévouées qui attendent planquer que les patients allument la lumière au dessus des chambres.

Et puis, un bruit fort réveille tout le petit monde du service de gériatrie, patients, personnels soignants et visiteurs. C’est Françoise qui à force de glisser a dérapé. Le chariot de soin est tombé par terre et la grande nordiste se retrouve les quatre pattes en l’air.
C’est martine qui arrive la première au milieu des comprimés noyés dans le sérum physiologie et autres liquides. Françoise en voyant arrivait le dragon ne sait pas quelle posture adoptée, soit la simulation d’une double fractures du péroné comme dans les matches de foot ou une remontée digne au milieu de ces détritus. Françoise choisit la deuxième voix, et se relève doucement.

Le dragon sonde sa proie. La bête Lui demande si elle va bien.
- Oui juste un peu surprise et engourdie. dit Françoise qui est rassurée.
Le chef prend les choses en main. Elle envoie l’infirmière maladroite à l’infirmerie et tente de la rassurer en lui disant que cela peut arriver à tout le monde. Françoise esquisse un sourire devant tant de compassion inhabituelle
- surtout quand on se croit sur une patinoire, rajoute Martine. Et là forcément Françoise, elle le perd son sourire. Connaissant la sensibilité de Françoise, Martine se doute de la suite. Des pleurs dissimulés, que la chef ne devra pas voir. Cela lui ferait trop plaisir.
Après avoir sauvé ce qui tenait encore en équilibre sur le chariot échoué. A plusieurs ils allaient le remettre à flot quand le Grand chef surement alléché par ce tintamarre pointa le bout de son nez.
- C’est quoi cette pagaille, pour ne pas dire autre chose
- Ce sont des infirmières fatiguées qui doivent s’occuper de 20 malades à la fois et ça quand la climatisation est en panne.
Et, le Dragon lui grilla là lui aussi le bout du nez. Les autres soulevèrent en silence le chariot, le sourire au lèvre. C’est pour ça que personne n’osait aller se plaindre de Martine. Car elle piquait tout le monde…

Le Grand chef grommela un « je vous attends dans mon bureau » et partit.
Martine pénétra dans la salle des infirmières furieuse, et prit Françoise en plein délit de pleurnichage. Elle la regarda un moment et lui proposa de rentrer chez elle, car elle en avait assez fait aujourd’hui….

Cette journée est pourrie, se dit Martine. D’abord, elle se rend compte que sa propre fille est aussi bête qu’une courge a qui on aurait enlevé tous ses pépins. Et surtout elle s’en veut la Martine; encore une double fausse note dans son travail. Elle aurait voulu être gentille avec Françoise, mais elle ne sait pas. Les mots sortent sans qu’elle ait de contrôle sur eux ou pire sur leur façon de sortir. En allant chez le professeur Nono, elle s’arrête un instant sur un banc loin de tout regard. Ce banc c’est le sien. Celui où son mari l’a demandé en mariage. Celui où elle a su qu’elle était enceinte. Ce bac elle le connait depuis plus de trente ans et bientôt retraite oblige elle devrait le quitter.
- Et la vieille qui t’a dit que tu pouvais t’asseoir là ? d’abord Martine sursaute. Elle regarde partout pour voir où est ce loubard.
Personne ! à part ce gamin d’une dizaine d’année qui la fixe méchamment, le teint blafard.
- Tu sais petit, j’ai pas besoin qu’un minot comme toi me casse les pieds maintenant. Et si tu veux tout savoir ce banc c’est le mien…..
Le regard du garçon se durcit.
- Et mamie, prends tes guibolles et ta canne et casse toi ! sinon……
- Sinon tu vas trépigner sur place….. Martine se marre enfin, elle lui sourit à ce gamin.
- Je crois que tu ne sais pas qui je suis….
- Un mioche malade, probable dans le service de Nono…..
- Me parle pas de ce tebé… il est trop …..
- Hep jeune homme, pas de mot grossier, va pour tebé si tu veux. Mais quand même tu parles d’un professeur. Mais je comprends ce que tu veux dire, je suis convoquée dans son bureau.
- T’es convoquée….reprend le garçon admiratif….il regarde cette vieille femme sèche, petite au regard noir.
Martine acquiesce et se pousse pour lui laisser une petite place. La démarche du petit dur est difficile et se laisse choir sur le bout de bois à côté de martine.
- Qu’est ce que tu lui as fait….à ce fils
- Hep qu’est qu’on a dit ?
- Hé mais t’es pas aussi marante que je croyais la vioc.
- Et toi t’es un malotru… mais laissons ça. Et toi qu’est ce qui t’as fait Nono le petit robot.
Le garçon sourit faiblement
- nono le petit robot, c’est fun, j’aime bien. Il m’a dit que j’avais volé un truc alors que c’était pas vrai.
- pourquoi ?
- pourquoi quoi ?
- Il dit un truc pareil notre copain le professeur
- Car l’infirmière a trouvé le game boy d’un des autres malades dans mon placard.
- Et qu’est ce qu’elle faisait là la game boy de..
- De Maximilien
Il eut un grand silence. Puis le gamin se leva.
- c’est ce tebé de Maximilien, qui m’a dit qu’avec la maladie ses parents sont compléments dingues et prêts à acheter 10 fois le même truc s’il le désire. Alors je me suis dit qu’il était pas à une game boy près.
- et t'es parents, ils en disent quoi?
- Toi, t'es forte!
La démarche malhabile, il s’en alla.
- Je te le laisse ce banc, il est pourri et y’a un gros cœur dessus où Martine et Xavier disent en gros qui s'aiment. Berk ça me donne envie de gerber….
- Oui moi aussi, murmura Martine.



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:: Les commentaires des internautes

pas mal
Posté par Vinc82 le 05.05.2008
chouette, il me tarde de lire la suite.
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Merci
Posté par Lysianne le 13.05.2008
Merci pour votre si gentil commentaire.
J'aime votre façon d'écrire, je reviendrai lire la suite.
Lysianne.
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Emma
Posté par Emma le 22.05.2008
J'ai été captivé par ton histoire et j'avoue, je reste un peu sur ma fin....
J'attends impatiemment la suite.
Bonne continuation Emma
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